Comment effectuer les travaux d’électricité ?

C’est parti pour la rénovation !

Nous avons décidé de refaire toute la décoration du salon (mais cela pourrait s’appliquer à n’importe quelle autre pièce). Nous avons commencé par prendre les côtes exactes de la pièce, puis par réaliser un plan à l’échelle. Puis nous avons observé les différentes activités que nous faisions habituellement. Nous avons même effectué des jeux de rôles, des mises en scène et rédigé de petites histoires décrivant ce que nous souhaitons faire.

Après de longues discussions avec mon épouse et les enfants, nous avons déterminé les différents espaces à vivre. Nous avons déterminé les peintures des murs et les revêtements des sols. Puis, nous avons choisi un nouveau canapé d’angle et un meuble bibliothèque modulaire que nous avons conçu pour s’adapter à nos espaces. Enfin, nous avons mis tout cela dans un rendu 3D qui correspond à ce que nous voulons.

De gros travaux électriques sont à réaliser !

Ampoule “branchée” ! Photo : ColiN00B sur Pixabay

Nous avons ensuite fait le plan architectural tenant compte de l’implantation de tous les éclairages, en fonction de leur utilité : éclairage général, éclairage fonctionnel, et éclairage d’accentuation. Mais il n’y a pas les arrivées électriques dont nous avons besoin pour alimenter les systèmes d’éclairages que nous avons choisi. Et nous nous rendons compte qu’il y a de gros travaux électriques à réaliser.

Je sais que je ne suis pas le seul ! Dans la plupart des appartements et des maisons, les installations électriques n’ont pas été pensées pour pouvoir y installer des systèmes d’éclairages performants. Je ne veux pas lancer la pierre aux architectes ni aux bureaux d’études. Mais je leur lancerai plutôt la perche : si certains me lisent, alors tenez compte non seulement des normes et réglementation en usage, mais des besoins des habitants qui vont passer de nombreuses heures dans les maisons ou les appartements que vous dessinez. Alors, n’oubliez pas les besoins en éclairage dans les plans ! Nous vous en serons tout reconnaissant.

La norme NF C 15-100 concernant les points lumineux,

Cette norme, actualisée en 2015, règlement les installations électriques effectuées en basse tension (moins de 1000 V en alternatif et 1500 V en continu). Elle préconise l’installation d’au moins un point lumineux commandé, de préférence au plafond, dans le salon, comme dans toutes les autres pièces, et… j’ai bien cherché, et bien, en terme d’ éclairage, c’est tout ! Alors oui, pour les prises, il en faut au moins 5, et minimum 7 pour un séjour de plus de 28 m2, ainsi qu’une prise RJ45 (Réseau VDI – Voix-Données-Image) mais toujours qu’un plafonnier ! Je constate que c’est largement insuffisant, quand cela est respecté. Car cette norme est obligatoire, mais ne concerne que le neuf et les grosses rénovations depuis 2015. Si vous avez un logement plus ancien, il est fort probable que vous n’ayez même pas ce minimum.

Quelles solutions ?

1°/ Renoncer à mon beau plan d’éclairage que j’ai mis tant de temps à mettre en place, et auquel je tiens car je sais qu’il va m’amener un supplément de confort et de bien-être non-négligeable,

2°/ Me contenter des éternels lampadaires et abats-jours, ou éventuellement d’un plafonnier unique, quand j’ai la chance d’en avoir un.

3°/ Amener l’électricité aux endroits où j’en ai besoin et construire les éléments permettant de recevoir et fixer les systèmes d’éclairage, notamment sous faux-plafond.

Si vous avez opté pour les options une et deux, je suis au regret de vous dire que ce n’est même pas la peine de lire la suite, vous pouvez rester avec votre éclairage calamiteux. (C’est une blague, ne le prenez pas mal, vous pouvez lire la suite quand même. De toute façon, vous êtes libre de faire ce que vous voulez, même de vous abonner à mon blog:))

Maintenant, dans le troisième cas, comment est-ce que je peux faire et tout d’abord :

Est-ce que je dois faire appel à un professionnel ?

Corps de métiers, Photo : Alexas_Fotos sur Pixabay

Si j’étais électricien, je vous dirais sans hésiter, oui. C’est la garantie d’avoir des travaux effectués dans les règles de l’art. Mais cela n’est pas une obligation.

D’autant que cela représente certains inconvénients. Le premier est que cela a évidemment un coût. Le deuxième, c’est qu’il faut trouver le professionnel compétent. Et surtout, dernier point, mais non des moindres, c’est qu’il puisse faire les travaux dans le délai que je souhaite, et si c’est un bon professionnel, cela risque tout simplement de ne pas être le cas.

Et puis je perdrais la satisfaction d’avoir effectué les travaux moi-même. Je sais, c’est totalement puéril, mais si tous ceux qui effectuent les choses par eux-mêmes vous le diront, le travail prend souvent plus de temps, mais quelle satisfaction d’avoir trouvé les solutions et d’avoir fait les choses par soi-même.

Si vous n’avez pas le temps et que vous avez le budget pour faire appel à un professionnel, je vous conseille d’établir un estimatif budgétaire pour la totalité des travaux. Si vous avez décidé de faire appel à un électricien, il vous conseillera mieux que moi car je ne suis pas électricien.

Faire les travaux moi-même.

Mais si vous avez décidé de faire les choses vous-mêmes, peut-être que vous voudrez quand même poursuivre cet article pour avoir quelques conseils.

Alors, voilà. Je n’ai pas les arrivées électriques, pour brancher mon système d’éclairage et je fais le raisonnement basique, que je vais pouvoir m’alimenter sur les prises électriques.

C’est tout à fait faisable. Il suffit d’amener une phase et un neutre de le faire passer par un interrupteur, ou d’utiliser l’interrupteur de la prise commandée, s’il y en a, pour raccorder un système d’éclairage.

La norme NF C 15-100 concernant le câblage de l’éclairage,

Sachez toutefois que si cette solution est tout à fait réalisable techniquement, et qu’elle fonctionne, elle n’est pas conforme la norme NF C 15-100. Cette norme oblige à avoir des circuits indépendants pour les prises et l’éclairage. Et ce, pour des raisons de sécurité.

Alors la question qui se pose évidemment est qu’est-ce que je risque si je ne la respecte pas :

– Des points de non-conformité risquent d’être relevés lors du diagnostic effectué par le CONSUEL (Le Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité, dit Consuel, est une association reconnue d’utilité publique chargée en France du visa obligatoire d’attestations de conformité des installations électriques).

– L’assurance pourra vous chercher des noises en cas d’incendie et effectuer des expertises pour voir si l’installation a été faite selon les règles de l’art. (s’il reste suffisamment d’indices pour le prouver)

En tout état de cause, je ne vous conseille pas cette option.

La meilleure solution :

Il faut donc que je tire une ligne depuis le compteur, ou depuis un boite de dérivation. Et ce, pour chaque circuit d’éclairage. Alors, oui, je sais, ce n’est simple, mais c’est la seule solution ! Donc autant l’anticiper le plus tôt possible quand on se lance dans des travaux de rénovation.

J’en profite également pour tirer une gaine contenant un câble RJ45 (ou autres) pour faire passer les réseaux courants faibles VDI (Voix, Données, Images).

Dans le cas d’une grosse rénovation, la réalisation d’un schéma électrique unifilaire s’impose, toujours selon la norme NF C 15-100. Comme son nom l’indique, il schématise toute l’installation électrique, depuis le compteur jusqu’aux différents éléments : prises, interrupteurs, interrupteurs différentiels. Il fait la synthèse du plan architectural et du plan électrique du tableau qui, lui, n’est pas indispensable.

Petit rappel :

Gaines électriques – Photo : jackmac34 sur Pixabay

Tous les fils et câbles électriques devront être reliés directement au compteur et passer dans des gaines, dimensionnées en fonction du nombre de fils que je veux y faire passer. Sachant pour faire simple qu’une gaine ICTA de diamètre 16 mm ne permet de ne faire passer que trois fils de 1,5 mm², je ne pourrais donc passer qu’un simple circuit. Comme je dois amener aussi les prises électriques, il me faut au moins une gaine ICTA de 20 mm². Il existe des tableaux qui permettent de savoir directement combien de fils je peux faire passer par type de gaine.

Pour tout cette approche sur l’électricité et notamment la question réglementaire, je me permets de vous renvoyer sur le site sur l’installation et la rénovation électrique, qui dispense de nombreux conseils très utiles.

Concrètement, comment je fais passer mes gaines ?

La meilleure solution, comme nous l’avons vu : c’est de faire passer les gaines dans les faux plafonds. Nous pouvons y insérer dans le même temps les spots led. C’est simple, efficace, et cela ne fait pas trop de poussière.

Mais cela n’est pas forcément possible. Et même dans le cas de faux-plafonds, il faudra souvent prévoir la remontée ou la traversée d’un mur.

Si je fais des gros travaux, et que j’abats et repose des cloisons, il faut que j’envisage un passage de gaines à cette occasion. Mais ce n’est pas toujours le cas en rénovation, et il va falloir que je tienne compte de l’existant pour passer mes gaines.

En effet, il n’est pas possible de faire une saignée transversale, ni même verticale sur tout un panneau de BA 13. Il faut donc que j’essaie de la faire passer derrière.

Déterminer le type de mur.

Les solutions seront évidemment différentes en fonction du type de murs, mais comment savoir à quoi j’ai à faire ? Béton ? Brique ? Parpaing ? Bois ? Pierre ? Béton cellulaire ?

Le type d’habitation donne déjà une idée. La localisation aussi, car il existe des techniques et des pierres de construction spécifiques à telle ou telle région. Demander à ses voisins ou regarder sur son acte de vente peut donner une idée pour les murs porteurs.

En tout état de cause, il va falloir effectuer un petit sondage avec une perceuse, voire une petite saignée. En général, il y a du placo qui recouvre les murs, mais qu’est-ce qu’il y a derrière ?

Un mur creux derrière le placo.

Cela peut surprendre, mais effectivement, il peut exister un creux qui sert souvent d’isolation, entre le placo et le mur proprement dit.

Dans ce cas, cela va permettre de faire passer les gaines assez facilement dans ce creux. S’il s’agit d’une saignée verticale, plusieurs techniques : comme de percer en haut, puis en bas et de faire passer un fil à plomb que l’on va guider grâce à un gros aimant, comme c’est expliqué ici. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas besoin de faire de saignée.

Un mur en parpaings ou en briques !

Mur en brique.

Ce n’est pas la situation idéale, mais si l’on veut bien faire, il va falloir faire une belle saignée. Pour cela une rainureuse deux disques sera très utile à condition de respecter un certain nombre de précautions, comme nous le précise Morgan de réseau-vdi :

  • Pour les saignées horizontales, elles ne peuvent pas :
    • être faites sur deux cloisons consécutives,
    • dépasser 50 cm de long,
  • Pour les saignées verticales elles doivent :
    • s’étendre sur 130 cm maximum en partant du sol fini
    • s’étendre sur 80 cm maximum en partant du plafond
    • être séparées horizontalement d’au moins 160 cm
    • se trouver à plus de 20 cm d’un intersection de cloison
  • Les saignées au plafond sont interdites.

Il vous faudra également vérifier que vous ne sectionnerez pas des réseaux d’eau ou d’autres gaines électriques.

Un mur en BA 13 AVEC isolant.

Une solution à envisager est de rajouter un mur de placo avec isolant. C’est une option intéressante à envisager, même si elle mange un peu sur la surface de la pièce, cela permet de faire passer la gaine dans toute la longueur du placo, en horizontal ou en vertical puisqu’on ne touche pas au placo lui-même.

L’idée est de creuser l’isolant pour y insérer la ou les gaines, avant de poser le placo, et le tour est joué !

Mur en béton armé.

Si j’ai un mur de béton armé derrière le placo, il sera extrêmement difficile d’y réaliser une saignée d’une taille suffisante pour y faire passer mes gaines, dans ce cas-là, comme il ne me reste plus qu’à faire passer mes fils dans des goulottes. Ce n’est pas la solution ni la plus esthétique, ni la plus satisfaisante, mais c’est parfois la seule option. Elle n’est à envisager qu’en dernier recours.

Les travaux électriques étant assez conséquents pour amener des points d’éclairages aux endroits voulus, il est absolument indispensable d’y penser et de prévoir le plan d’éclairage, et par conséquent les plans électriques avant de démarrer les travaux. Pourtant, l’éclairage est indispensable pour mettre en avant une décoration, pour pouvoir effectuer toutes sortes d’activités, pour créer des ambiances, et pour se sentir bien dans son intérieur.

Et vous, comment faites-vous pour faire passer vos gaines ? Faites-nous part de vos expériences et laissez-nous vos trucs et vos astuces dans les commentaires.

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